Hussein-Dey mes souvenirs....

HUSSEIN-DEY, banlieue d'Alger, tu es devenue, quelques années avant l'indépendance de l'Algérie, le 9ème arrondissement de la ville d'Alger.
Tu es, comme KOUBA, MAISON-CARREE, FORT DE L'EAU, AIN-TAYA, le berceau d'un bon nombres de familles Mahonnaises venues s'installer en Algérie voilà bien des lustres.
Au fil des années leurs descendants sont devenus Français en accomplissant leur service militaire sous le drapeau tricolore.

Commençons par le quartier du Pont ou Lafarge, du nom des ciments.
Combien de fois a-t-il été inondé après les gros orages de la fin de l'été. Rue de Constantine, la caserne Hell et tout à côté la halle aux tabacs que je n'ai pas connu en activité. Plus tard, elle est devenue l'Ecole de Police et pendant les tristes événements que nous avons connus, caserne de C.R.S..
En face, le club de football "O.H.D" qui s'illustra dans toute l'Afrique du Nord. Le cinéma "Royal" et le café des "Anti-Bileux" où vers la fin de sa vie venait s'asseoir mon grand-oncle, ton ancien Maire, M. LUCCIONI.
La Place de la mairie avec son kiosque à musique où la lyre municipale venait donner des concerts. Combien de couples as-tu vu tounoyer pendant les nombreux bals et les jours de la fête de la ville, le dernier dimanche du mois de juin ?
Le kiosque à journaux de Mme PONS que son fils René a repris à son retour de captivité. Au début de la rue Victor Hugo, les écoles de garçons et de filles.

Ensuite la minoterie NARBONNE toute proche de la gare. Avant la guerre de 1939, mon père tenait là un poste à essence et au fond de la cour, M. SOCIAS possédait des écuries de chevaux. Bien sûr, la salle Jean-Jaures fut créée et de nombreux jeunes vinrent y danser.
La rue Albert BOENSCH, ou rue du marché, conduisait au Foyer Municipal, lieu d'habitation des enseignants. Françoise FABIAN y habita quelques années puisque son père était instituteur à l'école de garçons.
Au quartier St-Jean, le marché, qui juste avant la guerre fut transféré au rez-de-chaussée du Foyer Municipal. Son emplacement servit de garage aux sapeurs-pompiers. Et notre église, combien d'entre nous y sont entrés pour assister à la messe, mais aussi pour les principaux événements de la vie d'un chrétien.
Que de monde il y avait le jour de la première communion, parents et amis étaient là pour accompagner les enfants. Le défilé des communiants partait du jardin des soeurs St-Vincent de Paul, traversait la rue de Constantine pour entrer dans l'église et tout ça, en chantant des cantiques. Pour les mariages, après la cérémonie religieuse, on discutait sur la place avant de se retrouver autour d'un buffet. Sur cette place se trouvait également l'école maternelle, qui, à une époque où les habitants étaient moins nombreux, était tout simplement l'école communale.

Derrière l'école maternelle, la salle de gymnastique de M. PONS où lorsque nous étions au cours complémentaire, nous venions le vendredi matin suivre les cours d'éducation physique dispensés par Mlle MERLIN.
Puis le quartier de Nouvel-Ambert où nous avons vécu de 1938 à 1963. En 1938, la famille SEGUI y avait un jardin maraicher.
Après 1945, ce jardin fut vendu aux établissements DURAFOUR, fabricants de charpentes métalliques, puis les établissements FRANCALFUTS et BERLIET.
A Nouvel-Ambert annexe, en face de la cité Brossette et le boulodrome, les établissements BLACHERE qui s'occupaient d'installations d'huileries et de cave coopératives.
Viennent ensuite les ateliers HANSSENS et plus loin la caserne du 19ème Génie.
Le quartier du Caroubier, avec sa petite école, l'usine à bouchons et dans la rue dite la côte rouge, la société NEYRPIC.
Puis les quartiers de la Glacière et de la Cressonière à la limite de MAISON-CARREE.

Voilà chers compatriotes, mes souvenirs sur Hussein-Dey que nous n'oublierons jamais et croyez-le bien que par la pensée j'ai retrouvé beaucoup d'entre vous en écrivant ce texte.

Lucienne MERCADAL
épouse LAMIRE