La Saga des DE PETRO

BIOGLIO (Italie) - COLLIOURE - ORAN - HUSSEIN-DEY - BIOGLIO. Le retour aux racines après 156 ans.

En 1844, naissait dans un village du Piémont italien, notre arrière-grand-père DE PETRO Francesco Carlo, Dominico, premier fils de DE PETRO Guiseppe et de COSTA Rosa.
Aîné de sept enfants et comme beaucoup de très jeunes garçons à l'époque, faute de travail au pays, il quitta son village à 18 ans pour ne jamais y revenir.

Il traversa la France et poussa jusqu'à Collioure. Il y rencontra une jeune fille dénommée MORET. Après le mariage, ils embarquèrent pour l'Algérie et s'installèrent en Oranie. C'était en 1864.
Le travail était dur à l'époque, néanmoins ils fondèrent une famille de 6 enfants. Le premier, une fille, se prénomma Rose en souvenir de sa mère. Le deuxième enfant était notre grand-père DE PETRO Dominique, Carle, né à Bousfers (Oranie). Marié à RODRIGUEZ Mathilde, notre grand-mère, ils agrandirent la famille en ayant 7 enfants.

Notre père DE PETRO Charles, Dominique, né en 1913 épousa PIAT Ascencion, fille du 1er magistrat d'El-Ançor (40 km d'Oran). Féru de mécanique et la tête toujours tournée vers le ciel, il travailla à la SEIGNA (aérodrome d'Oran) et ensuite à l'A.I.A de Blida. C'était la première cassure avec la famille car tous étaient restés en Oranie.
Son rêve se réalisa quelques années plus tard, "voler" et dépanner des avions. Il fut également membre de l'OHD.

Naquirent Jean Claude et Charly. Biens élevés, je crois, nous faisions la joie et la fierté de toute notre famille Oranaise quand chaque année, pour les vacances nous retournions à El-Ançor; "Voilà les Algérios qui arrivent".
Des souvenirs inoubliables trottent toujours dans ma tête, les vacances auprès de la famille, des cousins qui parlaient plus facilement l'espagnol, l'Arabe que le Français, deux grands-mères aux caractères complètement opposés, un oncle conteur d'histoires. Une villa en bordure de mer, isolée au milieu des vignes, du poisson à profusion, des lièvres et perdreaux à tuer " à coup de béret" un pays enchanteur.

Bien sûr je n'oublie pas Hussein-dey qui m'a vu naître, l'école maternelle avec Madame VISCA, maîtresse modèle à qui un lien d'amitié nous lie. Plus tard l'école Jules Ferry avec les Charbonneau - Remie - Guidicelli - Cortes, que je revois chaque année au rassemblement de l'AEHD.
Sans oublié une petite fille, Michèle PONS ( fille des vendeurs de brochettes au café du Glacier) qui après avoir usé ses culottes sur les mêmes bancs de la maternelle, est devenue ma femme en 1966.

Pour Fabie (62ans) Jean-Claude (57ans) Charly (55ans) une grande idée nous trottait dans la tête depuis quelques années : revenir sur la terre de nos ancêtres en Italie.
Renseignements pris auprès d'une tante de 92 ans, nous avions juste le nom du village natal de notre arrière-grand-père : BIOGLIO.

Cet été, avec mon frère, nous nous sommes rendus en Italie. BIOGLIO est situé entre TURIN et MILAN au pied des Alpes italiennes.
Pour la première fois des émigrés français allaient perturber et exciter la curiosité des familles italiennes.
Notre séjour s'est bien passé. Une très grosse émotion, tout d'abord au cimetière où nous avons dénombré beaucoup de DE PETRO et ensuite dans l'église magnifique, à la vue des fonds baptismaux, car sûrement nos aïeux y avaient été baptisés.

Le reste de la famille nous a bien accueillis, surtout étonné de cette recherche, 156 ans après. Nous avons remonté l'arbre généalogique jusqu'en 1738. Nous ne parlions pas Italien mais avec les mains, nous Pieds-noirs, on connaît.

Voilà. Peut-être comme nous, des Hussein-déens sont à la recherche de leurs ancêtres, alors bonne chance pour leurs retrouvailles avec des Italiens, des Espagnols.......

Charly DE PETRO