L'Histoire d'une belle réussite

Je vais vous raconter l'histoire d'un Hussein-Déen né le 7 mai 1926 à Oued el Alleug

Orphelin de père à l'âge de quatre ans, il est élevé par sa mère qui lave au baquet pour les gens. A six ans il va à l'école maternelle de la St JEAN, place de l'Eglise à Hussein-Dey.
Il habite le quartier Trottier dans une vieille maison d'une pièce/cuisine, il continue sa scolarité à l'école du quartier et obtient son certificat d'études.

Vers sa dixième année il apprend la musique à "La Lyre Harmonique" d'Hussein-Dey, sa mère lui achète un saxophone qu'elle paye par mensualités (1 franc par mois).

Dès l'âge de treize ans, il commence à travailler aux Ets DURAFOUR comme apprenti chaudronnier. Son maître M. Henri CURO lui enseigne le métier. Trois ans plus tard il est embauché par les Ets BLACHERE. Faisant preuve de beaucoup de volonté et d'ambition, il obtient un poste au bureau des méthodes. Cela lui permet de se familiariser avec le fonctionnement d'une entreprise.
1945, il a 19 ans et forme un orchestre avec son frère Gaston et quelques copains. Ils jouent pour les mariages le samedi soir et les bals du dimanche, à la salle Poincaré chez FRAUCIEL, rue de la République, au bar ALBERT, rue Parnet...

CET HOMME LA, C'EST MON PERE, EDMOND ANDRA

1956, c'est l'année où il entre à la Sté D.A.M.I.A, à Maison-Carrée, comme chef de fabrication des "BENNES MARREL". Ce travail lui plaît et devine que le créneau est intéressant.
Il décide donc, deux ans plus tard, de créer son entreprise.
Il loue un local à Léveilley, à M. JACOMINO, et s'installe petit à petit avec les moyens du bord.

1960, aidé par son oncle, il achète un terrain à Oued Smar, sur les hauteurs de Maison-Carrée fait un voyage à PARIS où il contacte un fabricant de bennes, M. Louis ZANG qui lui fait confiance et met à sa disposition du matériel hydraulique pour qu'il puisse commencer à travailler. Son affaire est en plein essor quand surviennent les événements dramatiques dont tout le monde se souvient.

1962, c'est l'EXODE... Nous quittons donc l'Algérie, le coeur meurtri d'abandonner notre terre natale, celle que nous n'oublierons jamais, où que nous soyons.
A l'époque j'ai 14 ans et travaille en tant que sténodactylo avec mon père. A notre arrivée en France, nous sommes accueillis par mon oncle Gaston et ma tante Pierrette qui tiennent un café sur une petite place, à VIAS, dans l'Hérault.
Par l'intermédiaire de mon oncle, mon père achète un terrain situé sur la RN 112. Il construit un hangar et continue, dans un premier temps, à travailler avec M. ZANG.
C'est le temps de la "MONABENNE ZANG".

1968, mon père crée, dans l'AVEYRON, à Villefranche de Rouergue, une entreprise familiale, avec mon mari, mon frère Francis, ma soeur Monique et moi-même.
C'est la " Sté EDMOND ANDRA ".

1972, implantation d'un atelier à Lunel dirigé par mon frère Francis.

1986, ouverture d'un nouveau site, à l'initiative de mon mari, Jean-Claude DUBOSCQ, sur la plaque tournante de Toulouse, ZA de St Sauveur à St JORY.

1991, les sites étant prospères, nous nous séparons afin que chacun puisse gérer son affaire.

Aujourd'hui, mon Père qui a travaillé jusqu'à 74 ans, a pris une retraite bien méritée. Il a la satisfaction de voir les " BENNES ANDRA " circuler dans toute la région, voire dans toute la France, grâce au savoir-faire de mon mari. Mais notre entreprise conservera une dimension familiale puisque nos trois enfants, qui nous suivent dans cette aventure, semblent eux aussi avoir le virus des

" BENNES JCD ANDRA "

Bientôt trois générations de fabricants de Bennes... Souhaitons que l'avenir nous permette de passer le relais aux plus jeunes... Les petits-enfants !

Edith DUBOSCQ, Née ANDRA