L'Aventure Spatiale Française débutait à Hammaguir en 1965.

avanture spaciale     Le 26 novembre 1965, à 15h47, la fusée Diamant était lancée de la base saharienne et le satellite A-1 était placé sur orbite conformément aux prévisions.
Le lancement du satellite a fonctionné normalement, la poursuite du satellite par le radar Aquitaine a permis de définir les éléments suivants pour la trajectoire : apogée 1768 km; périgée 528 km; période de révolution 1h48mn.
     C'est par ce communiqué laconique que le Ministère des Armées annonçait l'entrée de la France dans l'aventure spatiale.
     Depuis 1950, époque à laquelle était mise au point la fusée-sonde "Véronique", la délégation Ministérielle pour l'Armement, qui dépend du Ministère des Armées, s'est vu confier la responsabilité du programme spatial français, tant militaire que scientifique. Elle a orienté ses efforts et ceux des organismes de recherches et des constructeurs sur la réalisation de quatre types de fusées : les fusées-sondes, les missiles expérimentaux, les missiles stratégiques balistiques et les lances satellites.
     "Diamant" appartient à la quatrième catégorie. D'une longueur de 19 m et d'une masse totale, au départ, de 18,4 tonnes, cette fusée s'inscrit dans la partie du programme dite des "pierres précieuses" : en effet ses deux premiers étages sont formés par deux fusées mono étage, "Émeraude" et "Topaze", à propulsion respective par carburant liquide et par poudre ; à cet ensemble, dénommé "Saphir", un troisième étage d'un type nouveau, également propulsé par poudre, a été ajouté pour constituer "Diamant". Avec celui-ci, la France devenait la troisième nation du monde à posséder un lanceur de satellite.
     En effet, l'URSS avait été la première avec le premier Spoutnick le 4 octobre 1957 et les Etats-Unis avaient suivi de peu avec une mise en orbite de leur premier engin spatial le 31 janvier 1958.
     Ainsi la France était parvenue seule à se hisser technologiquement au niveau des deux superpuissances mondiales. Dès les lendemains de la seconde guerre mondiale les scientifiques s'étaient intéressés aux travaux menés par les Allemands et avaient réussi à mettre au point des missiles de petite taille. C'est en fait la décision de doter la France d'une Force nucléaire stratégique de dissuasion qui en 1959 permit la mise au point de gros étages de propulsion. Cette démarche fut rapide car le gouvernement avait la volonté de disposer d'un armement stratégique le plus rapidement possible et il y consacra les budgets nécessaires.
     Ce succès technique doublé d'une opération de prestige marqua le début de l'aventure européenne dans l'espace. Les Allemands s'intéressèrent au programme, mais là encore ce furent les réticences des Américains qui permirent de concrétiser le projet du grand lanceur Ariane.
     Les conditions posées pour lancer le satellite de communications franco-allemand Symphonie par les Etats-Unis, servirent de catalyseur à la volonté européenne et sur proposition de la France en 1973, le conseil des Ministres Européens, réuni à Bruxelles, décida de s'engager dans la réalisation d'Ariane. Cette réalisation a été menée dans le cadre d'une structure industrielle initiée par le programme "Diamant", la coopération entre de multiples entreprises apportant chacune leurs compétences et leur savoir-faire. Cet "exploit collectif" national, autour d'une des sociétés qui généra ensuite Aérospatiale, subsiste aujourd'hui. Le "pivot" s'est enrichi et le montage industriel étendu à treize pays.
     Ainsi le Sahara français, outre les premières explosions atomiques à Reggan quelques années plus tôt apportait à la France, ses plus belles pages de son histoire spatiale.

Jean-Marc Lopez