" C'est une maisonnette "

     Notre ami Louis BAPTISTE nous a adressé des extraits des " Mémoires d'Henri FRENAY (1905 - 1988) " le créateur du réseau de Résistance " COMBAT " durant la 2ème guerre mondiale.
     Dans ces extraits, l'auteur précise qu'il avait séjourné durant dix mois (1943 - 1944), dans une maisonnette à Hussein-Dey et qu'il était hébergé chez une dame âgée qui lui servait de cuisinière et de valet de chambre. Son chauffeur se nommait Fernand JAVEL, un pied-noir d'une trentaine d'années, entrepreneur de peinture à Alger.
     Dans cette maisonnette, Henri Frenay a reçu diverses personnalités avec lesquelles il a réfléchi à l'organisation et à la préparation du cadre politique de la France libérée.
L'auteur y reçut Jacques SOUSTELLE, ainsi que SAINT EXUPERY avec qui il s'est lié d'amitié et qui venait quelquefois partager son repas. SAINT EX habitait chez le docteur PELISSIER à Alger qui recevait souvent les deux amis.
     Hussein-dey a donc connu une activité très importante dans la mémoire qui a précédé la libération de la France !
     Pour parfaire cette information, il serait particulièrement intéressant de connaître l'adresse de cette "maisonnette" à Hussein-Dey ainsi que l'identité de la Dame qui servait Henri FRENAY.
     C'est donc un appel à vos connaissances que nous adressons. Bien que les faits rapportés se soient déroulés il y a soixante ans, vous pourrez peut-être glaner quelques renseignements auprès d'amis, de parents, dans vos archives et nous faire part de vos réflexions sur un sujet passionnant et d'une valeur historique remarquable !

G.MAMO

Extraits d'après l'ABCdaire de la résistance, Pierre Copernik, éd Flammarion 2001.
HENRI FRENAY (1905-1988)
Henri Frenay est né le 19 novembre 1905 à Lyon. Son père était officier de carrière.
Bachelier, il entre en 1924 à l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr.
De 1926 à 1929 il sert comme officier à l'armée du Rhin d'abord au 10ème Bataillon de Mitrailleurs puis au 156ème Régiment d'Infanterie.
De 1929 à 1932, il est affecté successivement en Syrie au 16ème Régiment de Tirailleurs Tunisiens puis à Kamechlié au 8ème Bataillon Assyro-Chaldéen.
En 1933, il retourne en métropole, à Hyères, au 3ème Régiment d'Infanterie Alpine avant d'effectuer, en 1935, un stage d'observateur aérien à Lyon-Bron.
En 1936 et 1937, il est en stage à l'Ecole Supérieure de Guerre et capitaine d'Infanterie breveté.
En 1938, il est à Strasbourg, où il suit les cours du Centre des Hautes Etudes Germaniques et en obtient le diplôme.
En 1939, le capitaine Frenay est affecté à Ingwiller, à l'Etat-major de la XVIIème Région Militaire. Pendant la campagne de France, officier d'Etat-major au Col du Donon, il est fait prisonnier au mois de juin 1940 et parvient à s'évader. Il est cité. Bien qu'officier encore en activité, Henri Frenay envisage de créer, dès juillet 1940, une organisation de Résistance hors de l'armée. À Marseille, il commence par rassembler en août 1940 un groupe d'amis auquel il soumet son schéma. II s'agit d'un Mouvement de Libération Nationale divisé en trois secteurs ROP (Recrutement, Organisation et Propagande), Renseignement et Choc. Affecté au 2e bureau à Vichy en décembre 1940, il laisse à Marseille un embryon d'organisation regroupant quelques hommes de toutes tendances politiques. Le 28 janvier 1941, il demande son congé et quitte définitivement l'armée pour s'installer à Lyon avec Berty Albrecht. II garde cependant des contacts au 2e bureau, qui lui permettent d'alimenter en informations le bulletin que Berty Albrecht rédige. En mai 1941, Frenay est à Paris pour entériner le développement de son mouvement en zone Nord. À partir de juillet 1941, il se préoccupe de fusionner son organisation avec les deux autres mouvements émergeant en zone Sud : Liberté des démocrates-chrétiens et Libération-Sud d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie. En même temps, il rencontre Jean Moulin qui s'informe sur les réseaux de la Résistance avant de partir pour Londres. En refusant d'affilier son mouvement aux services secrets américains et britanniques, Frenay se rapproche de fait de la France libre, sans avoir pour autant rompu tous les liens avec les autorités de Vichy. En décembre 1941, il fusionne son mouvement avec Liberté pour donner naissance à Combat. Ainsi, quand il revoit Moulin, dans les premiers jours de janvier 1942, Frenay est à la tête de la plus importante organisation de la Résistance en zone Sud. II accepte cependant de se mettre sous l'autorité du délégué du général de Gaulle. En février 1942, deux contacts que Frenay prend avec Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur de Vichy, dans le but de sauver, avec l'aval du comité directeur de Combat, des militants arrêtés, lui valent une tenace défiance de la part des autres mouvements de Résistance. Aussi l'accord entre Frenay et d'Astier ne se conclut qu'à Londres, en décembre 1942, en présence du général de Gaule. Cependant, Frenay, désormais soucieux de son autonomie, a repris contact avec les services américains qui a obtenu en avril 1943, des subsides. Moulin parle de coup de poignard dans le dos. D'autres sujets de friction existent entre Frenay et Moulin : l'organisation de l'Armée secrète et surtout l'insertion des partis politiques dans le CNR (Conseil National de la Résistance). La nomination de Frenay au poste de commissaire aux Prisonniers et aux Déportés dans le gouvernement provisoire d'Alger en novembre 1943 apparaît à beaucoup de résistants de l'intérieur comme un moyen de l'écarter. De fait, à la Libération, Frenay échoue à fédérer autour de la Résistance non communiste le grand parti politique qu'il appelait de ses voeux.

• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 24 mars 1943
• Grand Croix de l'Ordre National du Mérite
• Croix de Guerre 39/45 (2 citations)

H.D