L'Enseignement et ses Universités

Historique :
L’UNIVERSITE d’Alger, première Université en Algérie (université-mère) fut fondée en 1909, aux termes de la loi du 30 Décembre de cette même année.
Cette création fut l’aboutissement de plusieurs étapes de développement jalonnées entre autres par la Loi du 20 Décembre 1879 portant création de quatre écoles spécialisées : l’Ecole de Médecine et de pharmacie, l’Ecole des Sciences, l’Ecole des Lettres, et l’Ecole de Droit.

L’Ecole de Médecine :
Cette Ecole fut le premier établissement d’enseignement supérieur créé sur le sol algérien.
Inauguré en 1833, l’enseignement médical fut dispensé par des médecins militaires, et, dans un premier stade, réservé aux étudiants européens. Par la suite, par Note du Ministre de la Guerre en date du 10 Juin 1833, les cours furent ouverts aux étudiants turcs, maures et juifs.
Cet enseignement - il s’agissait alors essentiellement de cours d’anatomie et de physiologie - se déroulait à l’Hôpital du Dey.
L’Ecole fut fermée en 1835 par ordre du Général Clauzel.
Suite à une recommandation du Conseil Municipal d’Alger émise en 1854, un Décret en date du 4 Août 1854 fut promulgué, portant création de l’école de médecine sous l’appellation d’Ecole Préparatoire de Médecine et de Pharmacie, mais ses activités ne commencèrent qu’en 1859. Cette Ecole fut placée sous les auspices de la Faculté de Médecine de Montpellier, qui délivrait les diplômes.
En vertu de la Loi du 20 Décembre 1879, au titre de laquelle devaient être créés des établissements d’enseignement supérieur en Algérie, elle devint Ecole Supérieure de Médecine et de Pharmacie.
C’est en 1909, aux termes de la Loi du 30 Décembre de la même année qu’elle acquit son autonomie par rapport à l’Université de Montpellier, lorsqu’elle fut érigée en Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Alger.

L’Ecole des Lettres :
Il est intéressant de noter que dès 1832, l’enseignement de la langue arabe, de la littérature arabe, et de la Charia, fut autorisé en Algérie.
Confié tout d’abord à un traducteur militaire, le niveau de langue enseigné était élémentaire, répondant essentiellement aux besoins de l’administration militaire et au contexte historique. C’est ainsi d’ailleurs que par Ordonnance Royale en date de 1839, le corps enseignant en la matière fut rattaché à l’Administration de la Guerre.
Ces cours prirent cependant de plus en plus d’ampleur, et constituèrent le noyau de la future Ecole Supérieure des Lettres d’Alger.
A partir de 1849, cette expérience fut répétée à Oran et à Constantine.
Lorsque l’Ecole Supérieure des Lettres d’Alger fut créée (le 20 Décembre 1879), cet établissement donna la primauté aux études historiques par rapport aux enseignements de littérature et de philosophie.
Malgré cela, l’Ecole se classait parmi les meilleurs centres d’études orientales de l’époque.
Grâce à cet élan, divers établissements dépendant ou non d’universités françaises virent le jour :
en 1900, l’Ecole Normale d’Instituteurs de Bouzareah, l’Ecole de Commerce.
en 1905, l’Institut d’Etudes Agricoles.
Aux termes de la Loi du 30 Décembre 1909, l’Ecole devint Faculté des Lettres de l’Université d’Alger.

L’Ecole de Droit :
L’intérêt pour l’enseignement du Droit se manifesta dès 1857, suscité par des considérations d’ordre historique liées au contexte colonial, l’administration française avait besoin de connaître les lois et règlements régissant la société algérienne.
Cet enseignement devait d’ailleurs accorder une large place au droit musulman et au droit coutumier.
En ses débuts, cet enseignement était dispensé dans de modestes locaux situés à la Casbah, et consistait en une préparation au Baccalauréat et à la Capacité en Droit. Un projet de développement de cet enseignement préparé par le Professeur Paul Beer entre 1833 et 1876 ne pu se concrétiser.
C’est la Loi du 12 Décembre 1879 qui autorisa l’enseignement formel du Droit et la création d’une Ecole de Droit. Progressivement, un cycle de Licence en Droit fut mis sur pied, mais les examens étaient administrés outre-mer (Aix-en-Provence et Montpellier).
En vertu de la Loi du O5 Décembre 1885, l’Ecole fut autorisée à organiser une préparation complète à la Licence en Droit.
Cet enseignement se développa progressivement. A partir de 1889, l’Ecole délivra un Certificat d’Etudes de Législation
.En 1909, aux termes de la Loi du 30 Décembre de la même année, elle fut érigée en Faculté de Droit de l’Université d’Alger.
En 1957 (Décret du 26 Août), ses prérogatives furent étendues et elle devint Faculté de Droit et de Sciences Economiques.

L’Ecole des Sciences :
L’Ecole des Sciences fut créée en 1868.
Dès 1880, elle réalisa de nombreux travaux de recherche dans les domaines de la géologie, de la botanique, et de la chimie, contribuant ainsi au développement de l’agriculture et de l’industrie.
Il mérite d’être noté qu’à ses débuts, en raison de moyens encore limités, elle dut associer ses efforts à ceux de l’Ecole de Médecine.
En 1909, aux termes de la Loi du 30 Décembre, elle devint Faculté des Sciences de l’Université d’Alger.
Outre ces Facultés, l’Université d’Alger vit pendant la période coloniale la création d’un grand nombre d’Instituts :
1845 : L’Institut de Biotechnique et de Biométrie,
1923 : L’Institut des Hautes Etudes Islamiques,
1931 : L’Institut de Météorologie et de Physique Astronomique,
1937 : L’Institut d’Etudes Sahariennes, fondé par Décret en date du 20/O7/1937.
1942 : L’Institut d’Urbanisme au titre d’un Décret en date du 11/07/1942
1944 : L’Institut d’Education Physique et des Sports par Décret en date du 24/04/1944
1949 : L’Institut d’Etudes Politiques
1956 : L’Institut d’Etudes Nucléaires
1956 : L’Institut des Etudes Philosophiques,
1956 : L’Institut d’Ethnologie, créé par Décret en date du 31/03/1956
1957 : L’Institut de Préparation aux Affaires.